Dans un climat de tension palpable, les syndicats des magistrats de la République Démocratique du Congo (RDC) ont lancé un cri d’alarme en rejetant avec véhémence le rapport final des états généraux de la justice, clôturés le 16 novembre dernier. Lors d’une conférence de presse animée à la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, les représentants des magistrats ont dénoncé un document qu’ils qualifient de « frauduleux » et déconnecté des réalités vécues par le système judiciaire.
Edmond Isofa, président du Syndicat Autonome des Magistrats du Congo (SYNAMAC), n’a pas mâché ses mots. Il a révélé que le rapport, lu par le ministre de la Justice, contenait des résolutions qui n’avaient jamais été votées lors des ateliers ni en plénière. « Ce qui a été présenté ne reflète pas notre travail. Nous avons prouvé qu’il y a des résolutions qui n’ont jamais été adoptées. C’est inacceptable », a-t-il déclaré avec passion.
Face à cette situation alarmante, les syndicats ont décidé d’agir sur deux fronts : une démarche syndicale et une action judiciaire. La première consiste à rencontrer les plus hautes autorités du pays, y compris le président de la République et le ministre de la Justice, pour leur exposer les véritables conclusions des assises. La seconde, plus audacieuse, prévoit le dépôt d’une plainte en justice contre le rédacteur du rapport contesté.« Nous avons en main les rapports signés par les chefs d’ateliers et des éléments audiovisuels de la plénière. Ignorer cette situation serait irresponsable », a insisté Isofa, déterminé à faire entendre sa voix.
Les syndicats ne s’arrêtent pas là. Ils pointent du doigt plusieurs incohérences dans le rapport, notamment celles concernant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Selon eux, certaines propositions pourraient ouvrir la voie à une modification politique de la Constitution, un sujet qui n’était même pas à l’ordre du jour des états généraux.Parmi les recommandations qui suscitent une vive controverse figure le point 33, qui accorde au ministre de la Justice un pouvoir démesuré sur les magistrats du parquet : nomination, mutation et suspension. Une mesure jugée dangereuse pour l’indépendance de la justice et qui pourrait avoir des conséquences désastreuses sur l’équilibre institutionnel.
La situation actuelle met en lumière les défis colossaux auxquels sont confrontés les magistrats congolais dans l’exercice de leur fonction. Alors que les tensions montent et que les enjeux se précisent, les syndicats restent déterminés à défendre leurs droits et à garantir l’intégrité du système judiciaire en RDC.Dans un pays où la justice est déjà mise à mal, cette bataille pour la vérité et l’équité pourrait bien être déterminante pour l’avenir judiciaire du pays. Les magistrats sont prêts à se battre pour que leur voix soit entendue et que leur travail soit respecté. La suite promet d’être captivante !
Merveille Maleya


