Dans un tournant spectaculaire pour l’industrie pétrolière congolaise, le ministre des hydrocarbures, Molendo Sakombi, a annoncé le désengagement total de Dan Gertler de tous ses actifs en République Démocratique du Congo (RDC). Cette décision, qui marque la fin d’une ère controversée, survient alors que l’État congolais a réussi à récupérer à 100 % les blocs pétroliers 1 et 2, situés dans le riche Graben Albertine.
Sakombi a révélé que ces blocs stratégiques seront bientôt mis aux enchères dans le cadre d’un appel d’offres restreint. Avec l’instauration d’un nouveau décret destiné à sécuriser les investisseurs et à offrir un régime fiscal parmi les plus attractifs d’Afrique, la RDC se positionne comme un acteur incontournable sur le marché des hydrocarbures. Cette initiative pourrait attirer de nouveaux investisseurs et redynamiser un secteur longtemps marqué par des scandales.
Le retrait imminent du groupe Ventura, associé à Gertler, est prévu dans les semaines à venir. Selon Molendo Sakombi, cette opération se déroulera en étroite collaboration avec les autorités américaines, qui ont placé Dan Gertler sous sanctions en raison de ses pratiques jugées corrompues. Ces sanctions, en vigueur depuis 2017, ont assombri l’image de cet homme d’affaires israélien.
Lors du Forum Makutano 10, le ministre a également annoncé une réinterprétation des données sismiques pour certifier la valeur des ressources minérales du pays. Cette démarche ambitieuse pourrait ouvrir la voie à une exploitation plus transparente et lucrative des richesses naturelles congolaises.En juin dernier, le Financial Times avait révélé qu’un accord était en cours de négociation entre Washington et Gertler. Cet accord pourrait permettre à l’homme d’affaires de vendre ses actifs congolais pour environ 300 millions de dollars tout en retrouvant l’accès au marché financier américain. Une manœuvre qui pourrait redéfinir son avenir professionnel.
Dan Gertler, dont la fortune était estimée à 1,26 milliard de dollars en 2016, était classé par Forbes comme la 14ème fortune d’Israël et la 1476ème au niveau mondial. Son retrait total de la RDC ne marque pas seulement la fin d’une saga personnelle ; il représente également un tournant décisif pour l’avenir économique du pays. Alors que la RDC aspire à attirer des investissements étrangers et à renforcer son secteur des hydrocarbures, ce développement soulève des questions cruciales sur la transparence et la gouvernance dans un pays riche en ressources mais souvent en proie à des pratiques douteuses.La RDC est-elle enfin prête à tourner la page et à embrasser une nouvelle ère d’opportunités ? Seul l’avenir nous le dira.
Merveille Maleya


