Ce mercredi, l’Assemblée nationale a été le théâtre d’un débat captivant et crucial sur l’avenir du secteur minier en République Démocratique du Congo. La question orale du député national Lutala Mutiki Trésor a mis en lumière des enjeux brûlants qui touchent la province du Sud-Kivu, notamment dans les territoires de Mwenga, Shabunda et Fizi.
Le ministre des Mines, Kizito Pakapomba, a pris la parole avec une détermination palpable. Il a révélé une réalité troublante : l’exploitation illégale des ressources minières par des entreprises étrangères. « Nous sommes confrontés à une violation flagrante de l’ordre établi », a-t-il déclaré, dénonçant les activités minières non réglementées et les intimidations qui pèsent sur les agents de l’administration minière. Ses mots ont résonné dans l’hémicycle, suscitant une onde de choc parmi les députés.
Le président de l’Assemblée nationale, le professeur Vital Kamerhe, a alors pris le relais avec un discours enflammé. « Il est temps de restaurer l’ordre et de protéger nos ressources ! » a-t-il clamé, plaidant pour le retour de la police des Mines et la tenue d’états généraux sur ce secteur vital. Son appel a galvanisé les élus présents, renforçant la conviction que des changements sont non seulement nécessaires, mais urgents.
Après plus de 11 heures de débats passionnés, bien que certains députés aient exprimé leur frustration face à l’inaction passée, tous se sont accordés sur un point : il est impératif d’améliorer la gouvernance minière. Kamerhe a souligné la détermination du chef de l’État à éradiquer le désordre qui gangrène le pays et à garantir que les richesses naturelles profitent réellement aux Congolais.
En réponse à Lutala Mutiki, le ministre Pakapomba n’a pas caché son indignation. Il a reconnu que certaines entreprises exploitent illégalement les minerais dans le territoire de Kamituga. « Lors de notre récente mission sur le terrain, nous avons découvert des destructions inacceptables de champs communautaires et de voies d’approvisionnement », a-t-il déploré. Cette exploitation sauvage contribue à une crise alimentaire grandissante dans la région.
Pour faire face à cette situation alarmante, une commission mixte a été mise en place pour délimiter les zones protégées et établir une cartographie minière précise. Le ministre a également annoncé avec fierté la révocation de 136 titres miniers pour non-respect des obligations réglementaires, tandis que 350 autres cas sont actuellement examinés.
Dans un élan humanitaire fort, Pakapomba a dévoilé la création d’une commission interministérielle sur le travail des enfants (CISTEMA), visant à protéger les plus vulnérables exposés aux dangers des mines. Son ministère a également adhéré à la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), renforçant ainsi son engagement envers une gestion responsable des ressources.
Enfin, il a révélé une information cruciale : la société Primiera Gold appartient désormais à 100 % à des Congolais, un pas significatif vers la souveraineté nationale dans le secteur minier. La remise en marche de la raffinerie de Bukavu est également en cours d’examen, promettant un avenir plus radieux pour cette région riche en ressources.
Ces mesures audacieuses visent non seulement à restaurer l’ordre dans le secteur minier au Sud-Kivu mais aussi à garantir que les richesses naturelles profitent réellement aux Congolais. L’heure est à l’action et à la responsabilité collective pour bâtir un avenir meilleur pour tous. Les yeux sont désormais rivés sur ce secteur clé : sera-t-il enfin réformé pour servir le peuple congolais ?
La Transparence


