Lors des États généraux de la Justice organisés à Kinshasa, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a plaidé pour l’intégration de la Police judiciaire des parquets au sein de la Police nationale congolaise (PNC). Cette initiative vise à résoudre le problème du dualisme juridictionnel qui freine l’efficacité du système judiciaire en République démocratique du Congo (RDC).
« Il n’y a pas de bicephalisme, mais plutôt un dualisme juridictionnel », a déclaré Shabani lors de son intervention. Pour lui, la solution pour sortir la justice congolaise de sa « grippe » réside dans l’application du principe d’intégration, plaçant les officiers du ministère public sous l’autorité de la PNC. Cette proposition a été adoptée lors d’une table ronde internationale également tenue à Kinshasa.
Au cours du premier panel des assises, le ministre a mis en lumière les véritables obstacles à l’unité de la PNC et des autres services de police, notamment la Police judiciaire des parquets et le BCN-Interpol. Il a souligné l’ambiguïté qui règne entre la loi organique promulguée le 11 août 2011, qui regroupe l’ancienne Police judiciaire des parquets et le BCN-Interpol au sein de la PNC, et celle du 11 avril 2013, qui concerne l’organisation et le fonctionnement des juridictions.
Malgré les avancées législatives, Shabani a noté que la loi organique du 11 avril 2013 n’a jamais abrogé les articles 86 et 87 de la loi de 2011, laissant ainsi persister une confusion qui nuit à l’efficacité des services judiciaires congolais.
L’intégration proposée pourrait donc être le tournant décisif tant attendu pour réformer un système judiciaire en besoin urgent d’unité et de clarté. Les enjeux sont immenses : garantir une justice plus efficace, renforcer la confiance des citoyens envers leurs institutions et établir une véritable culture du droit en RDC. La balle est désormais dans le camp des décideurs politiques pour faire de cette vision une réalité tangible.
Merveille Maleya


