Dans la ville province de Kinshasa, plusieurs témoignages font état de la montée inquiétante de cas d’enlèvements contre rançon. La société civile déplore cette situation qui devient monnaie courante à Kinshasa. D’après les témoignages recueillis, ces criminels non autrement identifiées volent, passent à tabac et kidnappent toute personne tombée dans leur piège. La population hésite désormais à prendre place à bord des taxis, y compris des taxis-motos, qui sont souvent des moyens utilisés par les kidnappeurs. Malgré la condamnation récente de quelques auteurs d’enlèvements dans la capitale, notamment Isaac Kabakaba et ses complices en juillet 2023, cette pratique reprend malheureusement de plus belle.
Des avis de recherche sont lancés par des familles via les réseaux sociaux, demandant aux personnes de bonne volonté de les aider à retrouver leurs proches portés disparus. Victime d’un enlèvement tout récemment, un jeune homme a donné à notre source un témoignage émouvant : « J’étais en route dans le cadre de mon commerce. Arrivé près de l’INA, j’ai pris un Noah qui se dirigeait vers Limete, puisque j’habite à Limete, 1ère rue. En entrant dans la voiture, j’ai trouvé cinq personnes. La première est descendue devant Fouani Congo, et en arrivant vers Kabambare, l’homme derrière moi a dit à une dame à ma gauche de donner tout ce qu’elle avait. Résistante, elle a reçu une gifle. C’est alors que j’ai compris que la situation était grave. L’autre homme à ma droite m’a donné un coup sur la bouche, a sorti un mouchoir et me l’a mis sur le visage. Après quelques minutes, je me suis endormi. Un moment après, je me suis réveillé dans une pièce très sombre, les yeux bandés et les mains et pieds attachés. J’ai alors entendu un homme dire « A lamuki » (Ndlr : il s’est réveillé). Ils m’ont approché et m’ont questionné sur moi et ma famille, alors qu’ils avaient déjà pris ma carte d’identité, mon ordinateur et mon téléphone. Ils avaient également appelé ma famille pour leur demander une rançon de 450 $. Ma famille a dû payer cette somme pour que je sois libéré. Ils m’ont kidnappé le lundi 7 octobre et m’ont jeté sur un poids lourd le vendredi 11 octobre 2024 à 22 heures ».
De son côté, le gouvernement central, à travers son porte-voix, a, au cours d’un point de presse tenu à Kinshasa, réfuté tous les cas d’enlèvements décriés. Patrick Muyaya les avait qualifiés de fausses alertes.
Basile Muya


