Le procès de Seth Kikuni, figure de l’opposition et président du mouvement « Piste pour l’émergence », a débuté ce mercredi à la prison centrale de Makala, où il est actuellement détenu. Accusé d’incitation à la désobéissance civile et de diffusion de fausses informations, Kikuni fait face à des charges liées à des déclarations controversées qu’il a faites lors d’un discours à Lubumbashi fin août.
En raison de son état de santé jugé critique par ses avocats, Kikuni a comparu devant le tribunal dans des conditions préoccupantes. Ses défenseurs ont sollicité une liberté provisoire pour lui permettre d’accéder à des soins médicaux, mais le ministère public s’est opposé fermement à cette demande, le qualifiant de « danger pour la nation ». La décision du tribunal est attendue dans les prochaines 24 heures.
Lors de son intervention publique le 27 août, Kikuni avait exhorté les habitants du Haut-Katanga à désobéir aux lois en vigueur, affirmant que « le Congo va mal parce que le grand Katanga va mal ». Il a dénoncé l’intolérance et le climat autoritaire du régime actuel, qualifiant les Katangais de « premières victimes » de cette situation. Il a également appelé les citoyens à « se réveiller » face à l’insécurité croissante.
Le ministère public soutient que ces propos ont suscité une inquiétude injustifiée parmi la population et ont incité à la révolte contre le gouvernement. En revanche, les avocats de Kikuni dénoncent ces accusations comme étant « préfabriquées » et déconnectées du contexte réel.
Kikuni a été transféré au centre pénitentiaire de Makala le 28 septembre, après avoir été détenu pendant plusieurs semaines à l’Agence nationale de renseignements (ANR) et avoir subi une audition au parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe. Le cadre de concertation des forces politiques et sociales, dont il est membre, dénonce un « acharnement » contre lui et réclame sa libération immédiate, qualifiant son dossier d’« infondé ».
Merveille Maleya


