Au regard de l’allure que prend le procès Charles Onana à Paris, l’on peut facilement déduire que les tensions diplomatiques opposant la RDC et son voisin le Rwanda sont en train de prendre une tournure très inquiétante dépassant les frontières nationales et régionales.
Vingt-deux ans après le retrait de la première plainte du Rwanda contre le journaliste Charles ONANA pour diffamation contre Paul Kagame et atteinte à l’honneur de l’armée rwandaise, le Rwanda et ses affidés reviennent à la charge. Kigali attaque à nouveau l’écrivain camerounais à travers de personnes interposées devant la justice française. Jusqu’à présent, la majeure raison demeure la contradiction évoquée par Charles Onana vis-à-vis de la version officielle du Rwanda au sujet du génocide de 1994.
Ce dossier embarque les africains et européens autour de la RD Congo, d’une part, défendue par Charles Onana et du Rwanda, d’autre part, soutenu par plusieurs associations françaises et la communauté rwandaise basée en France
Le lundi 07 octobre, Charles Onana a comparu aux côtés de son éditeur, responsable des éditions du Toucan, devant la 17ème chambre correctionnelle du Tribunal judiciaire de Paris. L’écrivain Onana fera face à la Fédération internationale pour les droits humains, FIDH, la Ligue des droits humains et Survie, qui l’accusent d’avoir renié l’existence du génocide rwandais, dans certains extraits de son livre « La vérité sur l’opération turquoise », paru en 2019.
Dans ses investigations rendues publiques, l’auteur remet en cause la thèse d’un génocide au Rwanda en 1994, au moment de l’opération turquoise, dirigée par l’armée française.
En 2019, ce journaliste avait publié un ouvrage intitulé : « Rwanda, la vérité sur l’opération turquoise, quand les archives parlent, aux éditions l’Artilleur, 2019 ». Cet ouvrage a été préfacé par le Colonel Luc Marchal, commandant des soldats de la paix, ayant sécurisé la ville de Kigali au temps dit « génocide » en 1994.
Si du côté de Kinshasa, seul le Forum des Intellectuels congolais (FICE) se prépare ouvertement à accompagner Charles Onana, le camps rwandais a mis toutes les batteries en marche et a préparé un terrain du côté de la justice française afin de faire taire une fois pour toutes, ce chercheur spécialiste des pays des Grands Lacs.
Charles Onana parle au nom des victimes du régime de Kagame, au pouvoir depuis 30 ans et fait parler les témoins allant du simple citoyen aux casques blues de l’ONU témoins des événements. L’écrivain rappelle souvent lors de ses conférences, la notion des preuves en allant jusqu’à démontrer, pas à pas, la théorie du complot dont il éventre le boa. Sa logique qui alterne témoignages des victimes et révélations des officiels dérange ses détracteurs depuis des années.
Ce qui a longtemps fait réfléchir ses adversaires sur le choix optionnel pour le faire taire avant que la situation ne se retourne contre ceux qui ont maquillé l’histoire et aurait caché la vérité au monde entier.
Ayant vu plusieurs de leurs stratégies de taire l’affaire échouer, Ils se sont voués sur le terrain judiciaire, en faisant inscrire dans la loi française, les crimes du Rwanda comme un acte semblable au génocide des juifs, afin de faire taire définitivement Charles Onana qui, lui, continue à les attendre sur le terrain scientifique si preuve du contraire il y a.
En dépit des dispositions légales inscrites sur demande et plaidoyers des pro-Kagame dans la loi française, plusieurs observateurs pensent qu’une condamnation de Charles Onana aurait pour but de le faire taire et revigorer le régime de Kigali afin d’effacer définitivement la version de Charles Onana qui reste le deuxième son de cloche sur la question des Grands Lacs et particulièrement dans ce que d’aucuns appellent « la théorie du complot et de la Balkanisation du Congo Démocratique ».
Les scientifiques et politiciens Africains et ceux étrangers se demandent, ce que cache réellement le soutien inconditionnel de Paris à un président au pouvoir depuis 30 ans, accusé par ses compatriotes d’être sanguinaire et dont les crimes n’ont jamais été cités ni dénoncés par les mêmes ONG qui s’opposent à Charles Onana au nom du droit.
Pour bon nombre d’observateurs avisés, ce procès lèvera le voile sur l’ambiguïté de la relation moins pure entre la France et le Rwanda qui n’a que trop duré, avec une justice à double vitesse.
L’opinion nationale et internationale attend de connaitre la suite de cette bataille juridique qui devra infirmer ou confirmer la thèse du « génocide » généralement répandue.


