Utilisation des Fonds publics en RDC :  Le CREFDL lève le voile sur des anomalies inquiétantes

Utilisation des Fonds publics en RDC : Le CREFDL lève le voile sur des anomalies inquiétantes

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Le Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local (CREFDL) a récemment effectué un suivi minutieux de l’utilisation des fonds destinés aux investissements publics en République Démocratique du Congo (RDC) pour l’exercice budgétaire 2024. Les résultats de ce monitoring réalisé en septembre dernier soulèvent de vives inquiétudes quant à la gestion de ces ressources cruciales.
Sur un total de 15,5 millions USD sollicités en février 2024, la société SICOMINES n’a transféré que 5,9 millions USD sur le compte de l’Inspection Générale des Finances (IGF) à la Rawbank et ce, en date du 19 mars 2024. Ce transfert fait suite à plusieurs correspondances officielles, référencées N°0471/PR/IGF/IG-CS/JAK/NMM/2024 ; 0539/PR/IGF/IG-CS/JAK/NMM/2024 ; 0975/PR/IGF/IG-CS/JAK/BCO/2024 et 0152/DG/SCM/2024.Ces documents indiquent que les fonds transférés sont destinés à couvrir les jetons de présence des membres d’un comité restreint chargé de renégocier la convention signée le 22 avril 2008, ainsi qu’à verser des bonus de signature aux signataires de l’avenant 5 à cette même convention. Pour le CREFDL, cette situation soulève des questions éthiques majeures. En effet, ces paiements pourraient être interprétés comme une privatisation du service public, une rétro-commission, et un détournement manifeste des ressources humaines.
Le CREFDL rappelle que ce type de paiement est en contradiction avec plusieurs articles du Décret-loi n°017/2002 du 3 octobre 2002 portant code de bonne conduite de l’agent public de l’Etat.
L’IGF qui dispose déjà d’un budget de fonctionnement conséquent de 30,8 millions USD pour l’année fiscale en cours pourrait voir ces montants déduits des 7 milliards USD prévus pour financer les infrastructures essentielles en RDC. En tant qu’auditeur de l’État et non négociateur, l’IGF doit respecter rigoureusement le code de bonne conduite qui lui est applicable.
Cette situation n’est pas sans rappeler un précédent dossier impliquant l’IGF dans une affaire liée à Gécamines, où il avait été accusé de transformer une mission officielle en contrat de consultance privée. L’immixtion de l’IGF dans ce type d’affaires crée un conflit d’intérêts flagrant et pourrait compromettre les efforts visant à lutter contre la corruption en RDC.
En outre, une circulaire émise par le Ministre du Budget précise les barèmes applicables aux frais de mission et autres avantages alloués aux fonctionnaires. Dans ce contexte, le CREFDL souligne que le comité concerné n’a pas besoin d’obtenir une gratification supplémentaire provenant des fonds négociés pour financer les infrastructures routières.
Face à ces révélations alarmantes, le CREFDL appelle le Président de la République à prendre des sanctions exemplaires à l’égard des membres impliqués au sein de l’IGF, de SICOMINES, ainsi que tout autre bénéficiaire ayant perçu ces fonds indûment. La transparence et la bonne gestion des ressources publiques sont essentielles pour garantir un développement durable et équitable en République Démocratique du Congo.

Merveille Maleya

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