Les embouteillages monstres sont de retour à Kinshasa avec la fin de la grève mercredi 2 octobre des conducteurs des tracteurs appelés «véhicules remorques».
Le mercredi déjà, les habitants des quartiers Rond-Point Ngaba, Mitendi, Mama Mobutu, Cité Verte… ont eu de la peine pour retourner chez eux mercredi. Pour contourner cette difficulté, plusieurs d’entre eux ont été obligés de faire de longues distances à pied. Et du coup, le prix de la course a été revu à la hausse et plusieurs transporteurs en commun ont profité de cette situation pour revoir à la hausse le coût du transport.
Cette grève de plus de 2 semaines a provoqué la hausse des prix de certains produits comme le ciment dont le sac de 50 kg est passé de 28 à 42 et même 45.000 FC dans la ville de Kinshasa. Si cette grève avait persisté, elle serait à la base d’une pénurie en produits importés comme le riz, la farine… Heureusement les chauffeurs qui ont longtemps campé sur leur position et leurs patrons libanais et indiens pour la plupart ont trouvé un terrain d’entente.
Les deux parties avaient intérêt à mettre de l’eau dans le vin dans la mesure où cette suspension du travail a constitué un manque à gagner pour les 2 parties notamment pour les chauffeurs qui ont l’habitude de faire des extra en embarquant à bord de leurs véhicules et à leur profit des personnes et marchandises.
De même qu’ils y soutirent le carburant- cela est connu de tous- qu’ils vendent aux particuliers. Donc pour eux, rester à la maison était une véritable galère dans la mesure où ils vivent au jour le jour. C’est ici où l’opinion se pose la question de savoir comment et pourquoi cette grève pris cette fois-ci autant de temps, étant donné qu’il est de coutume que dans ce secteur, comme on l’a souligné, (les chauffeurs vivent au jour le jour) on ne supporte pas les grèves. Des transporteurs en commun décrètent des grèves d’un seul jour, le matin ils gardent leurs véhicules au parking et dans la soirée, ils se retrouvent sur les artères pour « bomber les têtes» (expression kinoise qui signifie transporter ou ramasser les clients). Peut-être que les chauffeurs des remorques ont voulu en découdre définitivement avec leur patronat.
Respect des mesures du gouvernement provincial
Pour revenir au problème des embouteillages à Kinshasa, certains analystes estiment que les conducteurs des engins poids- lourds devront se soumettre aux mesures prises récemment par les autorités de cette ville en rapport avec la réglementation aux heures de circulation de leurs remorques. Il est vrai que ces mesures ne mettront pas définitivement fin à ce phénomène mais elles vont le résorber tant soit peu.
En même temps, le gouvernement devra accélérer les travaux de la réhabilitation de l’Office national des transports (Onatra), notamment des rails, des locomotives permettre à cette entreprise de jouer pleinement son rôle, d’évacuer une grande partie de produits de Kinshasa vers Matadi et vice- versa et désengorger les artères de ces deux ville envahies par les gros engins qui indisposent. Stanley ne disait –t-il pas « Sans le rail le Congo ne vaut un penny » ?
Le retour ou le recours au rail permettrait non seulement de réduire non seulement les embouteillages mais aussi le coût de transport ainsi que certains accidents.
Boni Tsala


