Depuis la mise en vigueur du cessez-le-feu par le processus de Luanda le 4 août dernier, une accalmie apparente mêlée de peur et d’incertitude s’est installée dans plusieurs agglomérations du Nord-Kivu.
Ni l’armée congolaise, ni les rebelles du M23, aucun camp n’a relancé les hostilités de grande envergure, hormis un front ouvert en début de semaine en chefferie de Bashali, dans le territoire de Masisi, entre les jeunes résistants Wazalendo et le M23.
Invité du média français France 24, le porte-parole du gouvernement congolais a salué ce respect du cessez-le-feu.
« On peut noter que le cessez-le-feu est globalement respecté », a réagi, Patrick Muyaya, à la question de la journaliste.
Dans la foulée, le ministre congolais a mentionné le fait que la République démocratique du Congo s’était engagée sur 2 fronts pour réimposer l’autorité de l’Etat dans le Nord-Kivu.
D’une part, précise-t-il, il y a la nécessité de traquer et neutraliser les FDLR (Forces de défense pour la libération du Rwanda) dont Kigali se sert constamment comme alibi pour agresser le Congo, et aussi, exiger le retrait des troupes M23 du sol congolais.
« Aujourd’hui, nous travaillons sur 2 plans. Il faut d’une part neutraliser les FDLR et, d’autre part, il faut que les forces rwandaises se retirent », a-t-il déclaré.
Lors des rencontres de Luanda, le gouvernement rwandais a toujours fait mention des FDLR qu’il considère comme une menace contre son régime.
Alors que Kinshasa a toujours accusé Kagame de manipuler le M23 pour déstabiliser le Nord-Kivu, le Rwanda accuse également la RDC d’héberger les FDLR sur son sol.
Ces accusations mutuelles ont toujours constitué un véritable point d’achoppement dans la suite du processus de Luanda.
En acceptant donc en même temps de neutraliser les FDLR, le régime de veut ôter l’alibi dont se sert toujours le Rwanda pour justifier ses actions sur le territoire congolais.
Jean Ngaviro


