Constant Mutamba s’attire la colère des magistrats qui désapprouvent son modus operandi depuis son arrivée à la tête de ce Ministère.
Ils l’ont fait savoir à travers la correspondance du syndicat national des magistrats, en sigle SYNAMAG. Le SYNAMAG pointe du doigt accusateur le Ministre de la justice d’avoir créé ce qu’il qualifie « des tribunaux populaires où le Ministre se transforme tantôt en juge, taxant certaines œuvres du juge des décisions iniques.
Il se transforme, indique le syndicat national des magistrats, tantôt en procureur, ordonnant des arrestations ».
Le SYNAMAG déplore en outre, la création des commissions ayant pour objet de statuer sur les actes des magistrats.
Dans sa lettre, le SYNAMAG rappelle à Mutamba que les magistrats travaillent « sans frais de fonctionnement, ni fonds secrets de recherche et qu’en plus, ils exercent dans des conditions exécrables ».
Révoltés par Constant Mutamba, les magistrats via SYNAMAG affirme que « si la chaine justice est malade, c’est donc tous les maillons qui sont malades y compris le Ministre de la Justice ». Ils accusent le patron de la justice « d’attaques et contrevérités distillées çà et là à longueur des Journées contre les Magistrats ».
Par conséquent, SYNAMAG a demandé à Mutamba « d’arrêter avec ses agressions et de chercher à travailler avec les Magistrats dans cette lutte dont il n’est pas seul, et n’en a pas non plus le monopole ».
Comme disait Montesquieu : « La justice ne peut exister sans séparation des pouvoirs ; tout mélange entre rôle et fonction ne fait que miner la confiance en ses institutions »
Par cette position les magistrats appartenant au SYNAMAG engagent visiblement un bras de fer avec le Ministre de la justice investi de tout pouvoir par le Président de la République de tout mettre en œuvre pour redresser la justice congolaise réputée malade.
Selon le patron de la Justice, les réformes courageuses en cours vont se poursuivre.
Mutamba signe et persiste : « Des réseaux mafieux démasqués craquent déjà », a-t-il lâché en substance en rappelant que le Chef de l’Etat l’a nommé à ce poste pour redresser la justice congolaise et redorer son image.
Et de poursuivre : « Donc, rien n’arrêtera cet engagement ferme du Magistrat suprême. D’ailleurs une personne qui fait bien son travail n’aura pas peur de cette tribune populaire. Que vous soyez juge, magistrat, huissier ou greffier, si vous faites bien votre travail, pourquoi auriez-vous peur des dénonciations sur les méfaits de la justice ».
Basile MUYA


