L’Université de Kinshasa (UNIKIN) a totalisé 70 ans depuis sa création par Mgr Luc Gillon. Initialement aménagé par accueillir 6.000 étudiants, elle en compte aujourd’hui environ 30.000, c’est-à-dire 6 fois le nombre requis. Le Recteur Jean-Marie Kayembe a, lors d’une interview nous accordée, parlé des défis auxquels fait face cet alma mater et évoqué les motifs de satisfaction de sa gestion, de manière globale.
Jean-Marie Kayembe a reconnu que le plus grand défi était celui de la gouvernance, étant donné les ressources mises à la disposition de l’Université de Kinshasa par l’Etat congolais sont limitées et qu’elles ne peuvent pas garantir à ce grand établissement d’enseignement supérieur de remplir pleinement sa mission de rendre un service de qualité à la communauté. Cependant, le Recteur de l’UNIKIN salue les progrès accomplis et en cours de réalisation, et félicite les acteurs qui s’impliquent pour faire de l’UNIKIN une référence en République Démocratique du Congo, en Afrique et dans le monde.
A en croire le professeur Jean-Marie Kayembe, l’UNIKIN qui n’apparaissait plus dans le ranking des universités qui se fonde sur plusieurs indicateurs, fait désormais sa remontée progressive. Aujourd’hui, l’UNIKIN se situe à la 54ème position dans la liste qui recense plus de 14.000 universités cotées en Afrique. Pour y arriver, des efforts sont engagés en ce qui concerne la gouvernance, la numérisation de la recherche, la numérisation de la gestion académique et administrative et le renforcement des partenariats par l’appartenance à des réseaux de grandes institutions mondiales universitaires. Une politique de réseautage universitaire menée par l’actuel comité de gestion permet à l’UNIKIN d’avoir, aujourd’hui, une plus grande visibilité.
En vue d’avoir plus de moyens pour remplir sa mission de rendre un service de qualité à la communauté, le comité Kayembe projette, en se référant au plan stratégique de l’Université étalé sur 5 ans, soit de 2023 à 2028, de créer des entreprises au niveau de l’Université pour aider à son développement. En attendant, un programme dénommé « Université Recherche et Développement Durable (URDD) » a été mis sur pied pour centraliser les réflexions menées au sein des différentes facultés de manière à proposer à l’exécutif des solutions impliquant l’intelligence nationale. C’est dans ce cadre que l’UNIKIN a soumis aux autorités ses réflexions sur le projet du développement à la base de 145 territoires, cher au Président Félix Tshisekedi.
Dans la même logique, des efforts sont engagés dans la création des filières innovantes et créatrices de richesse. Ainsi, une Ecole de l’eau a été initiée pour une formation de 3ème cycle et les travaux de construction de l’immeuble devant abriter un observatoire de la forêt sont en cours.
Etant donné que le système LMD privilégie les outils d’enseignement modernes, le Recteur de l’UNIKIN pense cela requiert un accompagnement pour son implémentation totale. Pour lui, le système LMD qui doit être développé est encore, à ce jour, dans une phase de balbutiements, d’où une certaine résistance perceptible. Cependant, a-t-il assuré, l’UNIKIN est en pourparlers avec certains partenaires pour faciliter l’accès à Internet et promouvoir la digitalisation de l’enseignement. En plus de la bibliothèque centrale, Internet permettra de développer une bibliothèque virtuelle dont les premiers pas sont déjà posés.
Si Jean-Marie Kayembe remercie le Chef de l’Etat pour Trans Academia qui a pu alléger le fardeau des étudiants en ce qui concerne leur transport et pour la réhabilitation des Homes, il assure que la gestion de ces derniers a été confiée à un privé pour plus d’efficacité. Le Recteur se réjouit également des efforts entrepris pour régulariser les années académiques et pour assurer la sécurité des personnes et des biens sur le site de l’Université.
Avec les améliorations qui sont apportées, tout indique que l’université de référence de la RDC est entre de bonnes mains et que les raisons d’espérer à un bel avenir sont fondées.
Junior BEYA


