Pendant des décennies, le réseau routier congolais a été le symbole d’un pays enclavé, miné par la dégradation et l’absence d’entretien.
En 1959, à la veille de l’indépendance, la Belgique laissait derrière elle 1 545 km de routes asphaltées. Mobutu, après 32 ans de règne, portait ce chiffre à 2 800 km, mais la plupart de ces axes routiers étaient devenus totalement impraticables.
Sous Joseph Kabila, l’effort public s’est principalement concentré sur la Route Nationale 1 (RN1) et quelques voiries urbaines. En 2019, le pays comptait 3 400 km de routes bitumées, soit une progression timide de seulement 600 km en l’espace de 18 ans.
La véritable rupture intervient sous la présidence de Félix Tshisekedi. En l’espace de huit ans, la République démocratique du Congo a franchi un cap historique en atteignant près de 8 000 km de routes asphaltées, soit 4 600 km supplémentaires. Jamais le pays n’avait connu une telle accélération de son désenclavement. Les corridors nationaux ont été modernisés, des ponts stratégiques construits et les axes urbains réhabilités.
Cette progression traduit une volonté politique nouvelle. Félix Tshisekedi s’impose, à ce jour, comme le chef de l’État ayant le plus investi dans les infrastructures routières de l’histoire du pays. Le Congo n’est plus figé dans l’immobilisme qui a si longtemps bloqué son économie.
Cependant, cette accélération sans précédent ne doit pas masquer des fragilités persistantes. Derrière les chiffres, des défis majeurs demeurent : un budget d’entretien insuffisant, de fortes disparités régionales et une densité globale du réseau qui reste faible face à l’immensité du territoire. L’enjeu national n’est plus seulement de construire, mais de maintenir et d’élargir. Si les routes sont le miroir du pouvoir, elles constituent aussi le test ultime de sa durabilité. Le véritable défi reste désormais de transformer cette avancée technique en un levier de développement équitable et pérenne pour toutes les provinces.
Journal La Transparence


