La République Démocratique du Congo s’impose au cœur des débats fiscaux francophones. Barnabé Muakadi Muamba, Directeur général de la Direction générale des impôts (DGI) de la RDC, a ouvert la 39e Conférence annuelle du Cercle de réflexion et d’échange des dirigeants des administrations fiscales (CREDAF), organisée du 9 au 12 juin dans la capitale guinéenne.
Pendant quatre jours, les représentants de 30 pays francophones répartis sur quatre continents planchent sur un thème crucial : « Gestion des risques et mobilisation des recettes en contexte de crise ». Cette réflexion collective vise à renforcer la résilience budgétaire des États face aux chocs économiques et sociaux.
En tant que président sortant de l’organisation, Barnabé Muakadi a salué l’accueil des autorités guinéennes et a rappelé l’importance de la coopération fiscale pour consolider les finances publiques. À cette occasion, la RDC a mis en avant ses propres réformes, notamment la digitalisation des procédures, la généralisation du Numéro d’Identification Fiscale (NIF) et une discipline accrue dans la collecte des recettes.
La cérémonie d’ouverture, présidée par le Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah, a donné le ton. Le chef du gouvernement a insisté sur la fiscalité comme « levier essentiel du développement », appelant à renforcer la confiance entre l’État et les contribuables pour promouvoir le civisme fiscal. Il a également plaidé pour une meilleure intégration du secteur informel dans l’économie formelle, une condition indispensable pour élargir l’assiette fiscale.
Les échanges de Conakry portent principalement sur la modernisation des administrations fiscales et le renforcement de la coopération entre les États membres. Pour la RDC, cette tribune internationale est l’opportunité de démontrer que ses réformes intérieures deviennent désormais une référence au sein de l’espace francophone.
En prenant la parole à Conakry, Barnabé Muakadi ne fait pas que défendre la fiscalité congolaise ; il inscrit pleinement la RDC dans une dynamique internationale où la mobilisation des recettes s’affirme comme un enjeu de souveraineté. La fiscalité y apparaît non plus comme une contrainte, mais comme un véritable instrument politique de résilience et de développement.
JBK


