Justice militaire : Me Carlos Ngwapitshi remet en cause la stratégie du ministère public contre le général Yav

Justice militaire : Me Carlos Ngwapitshi remet en cause la stratégie du ministère public contre le général Yav

0 0
Read Time:1 Minute, 56 Second

L’arrestation du général Philemon Yav Irung, poursuivi pour trahison devant la Haute cour militaire, continue de susciter un vif débat sur ses conséquences militaires et stratégiques. Au centre de cette controverse, maître Carlos Ngwapitshi, avocat et analyste, qui estime que cette décision a fragilisé le front à l’Est. 

‎Pour Ngwapitshi, l’ennemi n’a pas seulement avancé par la force des armes. Il aurait adopté une stratégie plus subtile : la diabolisation de ceux qui lui font obstacle. En s’appuyant sur la théorie de la MEDOT – méthode d’élaboration d’une décision opérationnelle tactique – il explique que l’arrestation de Yav s’inscrit dans une logique de neutralisation psychologique et politique des officiers jugés gênants. 

‎Selon lui, le général Yav avait réussi à « fixer l’ennemi » pendant un mois, limitant son avancée. Son rappel à Kinshasa, suivi de son arrestation, aurait provoqué une rupture dans la chaîne de commandement. Ngwapitshi établit même un lien direct entre cette décision et la dégradation sécuritaire qui a culminé avec la chute de Goma. 

‎Au cœur de son argumentation, une interrogation cruciale : qui était réellement le centre de gravité de cette guerre ? Était-ce Yav, dont la présence sur le terrain stabilisait le front, ou le général Peter Cirimwami, auteur des accusations qui ont conduit à son arrestation ? Pour Ngwapitshi, si le centre de gravité est détruit et que la guerre continue, c’est qu’il a été mal identifié. 

‎En mettant en exergue cette question, maître Ngwapitshi dépasse le cadre judiciaire. Il soulève un enjeu plus large : la capacité de l’armée à identifier correctement ses points de force et à résister aux manœuvres psychologiques de l’ennemi. Son analyse met en lumière les dilemmes d’une guerre hybride où la perception, la confiance et la cohésion interne pèsent autant que les armes. 

‎L’affaire Yav ne se limite pas à un procès pour trahison. Elle révèle une fracture dans la lecture stratégique de la guerre à l’Est. En plaçant la notion de « centre de gravité » au cœur du débat, maître Carlos Ngwapitshi interpelle sur la nécessité de repenser la manière dont l’armée identifie ses forces et ses vulnérabilités. Car dans une guerre où l’ennemi combine puissance militaire et guerre psychologique, une erreur d’appréciation peut coûter plus cher qu’une défaite sur le terrain. 

‎JBK

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *