L’UE accorde un sursis d’un an au café et cacao de la RDC

L’UE accorde un sursis d’un an au café et cacao de la RDC

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Dans un tournant inattendu, l’Union européenne (UE) a décidé de prolonger d’une année la présence du café et du cacao congolais sur son marché, initialement menacés d’exclusion dès ce mois-ci. Cette décision, qui résonne comme un souffle d’espoir pour les producteurs congolais, intervient dans un contexte de préoccupations croissantes autour de la déforestation.

Julien Paluku Kahongya, ministre du Commerce extérieur de la République Démocratique du Congo (RDC), a partagé son soulagement lors d’une interview captivante sur RFI. « Ce report est une opportunité pour nous de clarifier les malentendus sur la provenance de nos produits », a-t-il déclaré, soulignant l’engagement commun de la RDC et de l’UE dans la lutte contre le changement climatique.

La RDC, souvent qualifiée de « poumon forestier du monde » après le Brésil, possède une richesse inestimable : 155 millions d’hectares de forêts luxuriantes et 88 millions d’hectares de terres arables. Paluku a insisté sur la nécessité de faire la distinction entre les produits issus des forêts et ceux cultivés sur des terres agricoles. « Nous ne sommes pas des destructeurs de forêts, mais des gardiens de notre environnement », a-t-il affirmé avec passion.

Cependant, cette situation n’est pas sans défis. L’UE a envoyé des auditeurs pour certifier que les produits congolais ne sont pas liés à la déforestation. Mais des problèmes de sécurité dans des zones comme Béni et Ituri ont compliqué le processus d’accréditation. « Les dernières certifications ont eu lieu en août 2024. Avec une validité d’un an, l’UE a donc décidé de repousser sa décision jusqu’en décembre 2025 », a expliqué le ministre.

Pour renforcer cette collaboration, une réunion tripartite sera organisée entre l’Union Européenne, le gouvernement congolais et une mission des Nations Unies. L’objectif ? Lever les ambiguïtés et prouver au monde que la RDC est un modèle en matière de durabilité.

Le cacao est bien plus qu’un simple produit agricole pour la RDC : il est le moteur économique qui soutient près de 240 000 agriculteurs dans l’est du pays. Paluku a averti que l’exclusion potentielle des produits congolais pourrait entraîner la perte de plus de 100 000 tonnes de cacao, une catastrophe pour les ménages congolais déjà éprouvés par des crises multiples.

« Nous devons arrondir les angles avec l’Union Européenne pour qu’elle comprenne que nous ne sommes pas responsables de la déforestation », a-t-il déclaré avec détermination. Le ministre a également exprimé ses craintes face à une manipulation politique qui pourrait aggraver la situation d’un pays déjà en guerre.

Cette saga entre la RDC et l’UE met en lumière les enjeux complexes liés à la préservation des ressources naturelles et à la survie économique d’un pays riche en biodiversité. Les discussions à venir seront décisives pour l’avenir du café et du cacao congolais sur le marché européen, mais aussi pour le sort de milliers d’agriculteurs qui dépendent de ces cultures vitales.

Merveille Maleya

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