L’Assemblée nationale a adopté, ce mardi 9 juin 2026 à Kinshasa, la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo. Après un examen minutieux article par article, le texte a été soumis au vote et a obtenu une quasi-unanimité au sein de la coalition majoritaire : sur les 351 députés présents, 348 ont voté pour, deux contre et un s’est abstenu.
Cette adoption marque un tournant majeur dans l’évolution du cadre institutionnel congolais. La nouvelle loi, qui remplace celle de 2005 héritée de la transition, confère au président de la République le pouvoir de convoquer une consultation populaire par ordonnance et confie à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) la responsabilité de son exécution technique. Elle instaure ainsi le mécanisme légal requis pour consulter directement la population sur des réformes d’intérêt national.
Le spectre d’une révision constitutionnelle
Au-delà du simple ajustement juridique, ce vote enflamme le débat public à travers le pays. Pour la majorité au pouvoir, il s’agit d’une simple modernisation technique visant à combler un vide juridique vieux de vingt ans. L’opposition et les mouvements citoyens y voient un « complot » politique destiné à modifier les verrous constitutionnels limitant le nombre de mandats présidentiels, ouvrant ainsi la voie à une prolongation du pouvoir au sommet de l’État.
Le climat s’est d’ailleurs durci dans l’hémicycle ces derniers jours, les députés de l’opposition ayant décidé de suspendre leur participation aux séances plénières pour contester la légitimité de la démarche. Le texte est maintenant transmis au Sénat pour examen avant sa promulgation définitive par le chef de l’État.
MMN


