Le gouvernement congolais engage un audit inédit de la paie des agents publics, une opération sensible destinée à assainir un système régulièrement critiqué pour ses lourdeurs et ses irrégularités. L’annonce a été faite par Christophe Bitasimwa, Inspecteur général des finances, à l’issue d’une réunion de cadrage présidée par la Première ministre Judith Suminwa le jeudi 05 mars.
Sous la supervision directe de la cheffe du gouvernement, l’Inspection générale des finances (IGF) et les inspections sectorielles de la Défense, de la Police, de la Fonction publique et de l’Éducation mèneront ce travail. Le rapport est attendu dans un délai de trente jours.
L’audit vise à garantir que chaque salaire corresponde à un agent réellement engagé et à un service effectivement rendu. Les équipes devront passer au crible les effectifs budgétaires autorisés, les agents administratifs réels et ceux effectivement rémunérés. Doublons, agents fictifs, irrégularités d’engagement et dépassements budgétaires figurent parmi les anomalies ciblées.
« La paie est courante, il n’y a pas d’arriérés. Mais la masse salariale a augmenté trop vite et cela mérite une vérification rapide », a expliqué Christophe Bitasimwa, tout en rassurant sur la stabilité générale du système.
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des directives du Président Félix Tshisekedi lors de la 79ᵉ réunion du Conseil des ministres. Le Chef de l’État avait insisté sur la nécessité de contenir les pressions exercées sur la trésorerie par l’accroissement de la masse salariale, rappelant que « le salaire des fonctionnaires n’est pas une simple variable budgétaire ».
Selon lui, assainir la paie ne vise pas à fragiliser les agents régulièrement engagés, mais à les protéger contre les dysfonctionnements qui menacent la soutenabilité du système et provoquent des retards socialement inacceptables.
Au-delà de la vérification conjoncturelle, le gouvernement Suminwa entend s’attaquer aux problèmes structurels de la paie. L’objectif est de parvenir à une solution définitive et durable à une question qui mine l’administration depuis des années.
Optimiste, l’Exécutif multiplie les efforts pour maîtriser les pressions sur la trésorerie et protéger le pouvoir d’achat des ménages, premier pilier de son programme d’action.
Merveille Maleya


