Ministère de l’Urbanisme et Habitat : L’inaction qui étouffe Kinshasa

Ministère de l’Urbanisme et Habitat : L’inaction qui étouffe Kinshasa

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Le Ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme semble avoir choisi son camp : celui du silence. Tandis que les Kinois suffoquent sous le poids de loyers exorbitants, que des familles entières s’endettent pour accéder à un logement décent, l’institution censée réguler le secteur immobilier brille par son absence. Une absence qui n’est plus seulement coupable, mais complice.

Car à Kinshasa, la crise du logement n’est pas une fatalité. Elle est le fruit d’un abandon. Celui d’un État qui laisse les lois du marché — ou plutôt les caprices des bailleurs — dicter les conditions d’accès à un droit fondamental : se loger.

Aujourd’hui, louer une maison à Kinshasa relève de l’exploit. Les prix sont fixés sans aucune base légale, souvent au gré des émotions ou des ambitions des propriétaires. Une maison modeste peut se négocier à 500 dollars, parfois plus, sans justification, sans encadrement, sans contrat formel. Et comme si cela ne suffisait pas, les locataires se voient imposer jusqu’à six mois de loyer en guise de garantie. Faites le calcul : pour un logement à 500 dollars, il faut débourser 3 000 dollars d’avance. Dans une ville où le salaire moyen dépasse à peine les 150 dollars, cette exigence relève de l’absurde.

Mais ce n’est pas tout. En l’absence de mécanismes de contrôle, les abus se multiplient : expulsions arbitraires, logements insalubres, clauses abusives, menaces… Le locataire est seul, sans recours, sans protection. Et pendant ce temps, le ministère regarde ailleurs.

Les jeunes sont les premières victimes de cette anarchie. Ceux qui sortent de l’université, ceux qui débutent dans la vie active, ceux qui rêvent d’indépendance. Faute de moyens, ils s’entassent à plusieurs dans des chambres exiguës, prolongent indéfiniment la cohabitation familiale, ou sombrent dans l’endettement. Le logement, censé être un tremplin vers l’autonomie, devient un mur infranchissable.

Le logement ne peut plus rester un angle mort de l’action publique. À force de tolérer l’anarchie locative, l’État congolais abdique l’une de ses responsabilités fondamentales : garantir un minimum de justice sociale. Le Ministère de l’Habitat ne peut plus se contenter de constater. Il doit agir, légiférer, encadrer, construire. Car chaque jour de silence est un jour de plus où des familles s’endettent, où des jeunes renoncent à leur avenir, où l’injustice s’installe dans les murs.

Il ne s’agit pas d’une faveur, mais d’un devoir. Le droit au logement est un pilier de la dignité humaine. Et cette dignité, Monsieur le Ministre, vous avez l’obligation de la défendre. Maintenant. Pas demain. Pas après les prochaines élections. Maintenant.

Merveille Maleya

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