Gouverner ou distribuer des postes ?”  La question qui dérange au cœur du pouvoir congolais

Gouverner ou distribuer des postes ?” La question qui dérange au cœur du pouvoir congolais

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53 ministres. Une République en crise. Une question qui dérange : à quoi sert un gouvernement pléthorique dans un État qui peine à gouverner ?

La République démocratique du Congo s’est dotée d’un gouvernement de 53 membres. Une architecture lourde, coûteuse, et difficilement justifiable dans un pays où l’État peine à remplir ses fonctions les plus élémentaires. Ce chiffre, en apparence technique, est en réalité politique. Il dit tout d’une vision de la gouvernance : celle de la dispersion, du compromis partisan, et du renoncement à l’efficacité.

Les grandes puissances mondiales, malgré leurs ressources, leur complexité territoriale et leur poids démographique, optent pour des gouvernements resserrés :

– États-Unis : 16 ministres.
– Allemagne : 17.
– Japon : 25.
– Chine : 26.
– Royaume-Uni : 22.
– France : 35.
– Brésil : 37.
– Canada : 28.

Même la Russie, pays le plus vaste du monde, se contente de 21 ministres.

Seule l’Inde dépasse la RDC, avec 71 ministres. Mais elle gère 1,5 milliard d’habitants et une mosaïque fédérale complexe. La RDC, elle, n’a ni cette démographie, ni cette structure.

Sur le continent, seule l’Afrique du Sud affiche un gouvernement plus large : 75 membres. Mais ce chiffre est le fruit d’un compromis politique post-électoral, après la perte de majorité de l’ANC. Ramaphosa a dû composer avec dix partis pour éviter l’implosion.

En RDC, aucune contrainte institutionnelle ne justifie les 53 ministres. Le président Tshisekedi dispose d’une majorité parlementaire confortable. Il avait même réduit le gouvernement à 55 membres en 2021. Pourquoi revenir à la hausse ?

Chaque ministre, c’est un cabinet, des conseillers, des véhicules, des frais de mission, des privilèges. Dans un pays où :

– les enseignants attendent leurs salaires,
– les hôpitaux manquent de seringues,
– les routes se transforment en ravins,
– les jeunes diplômés errent sans emploi,

…le gigantisme gouvernemental devient une provocation.

“La RDC a-t-elle les moyens d’entretenir 53 ministres ?”

La question n’est pas technique. Elle est morale. Elle est politique. Elle est urgente.

Gouverner, ce n’est pas distribuer des postes. C’est choisir. Prioriser. Trancher. C’est refuser le confort du compromis pour assumer la rigueur du cap.

La taille d’un gouvernement ne garantit ni la cohésion, ni la performance. Elle révèle une vision. Celle d’un État qui se veut stratège ou qui se contente d’être décoratif.

Merveille Maleya

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