Dans la région du Nord-Kivu, le mouvement citoyen Pro-Démocratie Lutte pour le Changement, en abrégé LUCHA, déplore l’occupation de cent et une (101) agglomérations par le M23. Elle tape le poing sur la table et appelle le chef de l’état Félix Tshisekedi à sortir de, ce que la Lucha qualifie de « mutisme » afin d’agir.
Dans un nouveau rapport de monitoring rendu public ce jeudi 8 août à Goma, le mouvement citoyen Lucha s’inquiète de la détérioration de la situation sécuritaire au Nord-Kivu, en se basant principalement sur la progression et conquête des cités par la coalition rebelle AFC/M23, comme supplétifs du Rwanda.
Selon ces activistes Pro-Démocrates, depuis le début de la guerre, au moins 101 agglomérations sont passées sous contrôle des rebelles qui y installent une administration et exploitent librement pour des raisons économiques.
Tout en se montrant critique vis-à-vis des autorités congolaises, la LUCHA en a profité pour appeler les congolais à la mobilisation touts azimuts mobilise afin que ces derniers maintiennent une pression ininterrompue sur les dirigeants, en vue de les pousser à passer de la parole à l’acte.
« A ce jour, 101 grandes agglomérations congolaises sont occupées, exploitées et administrées par le Rwanda, l’Ouganda via leurs supplétifs le M23. Quoi qu’il arrive, ces entités feront partie de la RDC », a-t-elle déclaré en invitant les congolais à rester mobilisés et vigilants pour exiger la sécurisation du territoire national.
« Congolais, retenons bien ces noms et pressons les autorités congolaises à sortir des discours creux et divisionnistes, des lamentations interminables, des décisions sécuritaires et diplomatiques inefficaces qui ne peuvent en aucun cas mettre fin à une agression », a interpellé le mouvement Pro-Démocratie Lucha.
Par ailleurs, le mouvement citoyen interpelle particulièrement le président congolais Félix Tshisekedi, à qui il demande d’agir proportionnellement à la menace qui pèse sur l’intégrité territoriale.
De leur côté, les militants pro-démocrates sont d’avis que l’avancée des rebelles sur le terrain est une humiliation pour le pays et son peuple.
« Pour récupérer ces entités, rétablir la souveraineté totale de notre pays, laver l’humiliation de notre peuple et protéger nos compatriotes exposés aux violences armées à l’est du pays, il va falloir que le Chef de l’État sorte de son mutisme et agisse en conséquence », recommande la LUCHA.
Sur le terrain, les dernières entités à passer sous contrôle du groupe armé pro-rwandais sont Nyamilima, Ishasha et Nyakakoma. Cela, en dépit du cessez-le-feu voulu par le processus de Luanda et signé entre Kinshasa et Kigali.
Cependant à Kinshasa, les autorités restent fermes. D’une part, Félix Tshisekedi signe et persiste qu’il ne sera jamais question de négocier avec le M23 quoi qu’il arrive et pour rien au monde.
D’autre part, Félix Tshisekedi promet une thérapie de choc pour endiguer cette insécurité menée sur le sol congolais et dont le Rwanda reste le seul et l’unique instigateur.
Alors que le processus de Luanda a finalement été relancé, et devait être observé depuis le 04 Août, le conseil de sécurité des Nations-Unies a fourni un mandat à la Monusco, d’apporter son appui à la SAMIRDC, la force de la SADC venue appuyer l’armée congolaise contre la coalition AFC/M23.
Jean Muhindo Ngaviro


